L'Assurance Maladie des frontaliers est remise en cause. Son organisation tout au moins. Historiquement, personne, ni de la Suisse, ni de la France ne voulait assurer ces travailleurs. Ils se sont donc tournés vers des assureurs privés qui les ont couverts contre le risque maladie.

Voilà qu'en 2002, suite à l'accord de libre circulation des personnes, les frontaliers sont face à un choix. Soit ils optent pour le système suisse de couverture maladie, soit ils optent pour le système français. Ce choix est définitif et irrévocable. Le système suisse est simple, il faut choisir une assurance maladie dans une des caisses qui la fournit. Les système français propose lui une nouvelle alternative : soit l'assurance maladie de la sécurité sociale, chère et qui rembourse peu, soit une assurance privée, avec plusieurs choix de niveaux de remboursement et de tarifs donc, mais globalement bien moins chère et qui rembourse plutôt bien.

Il y a quelques différences parmi ces assurances. Par exemple la sécurité sociale couvre toute la famille avec un unique cotisant, alors que les autres demandent une cotisation par personne. Mais globalement, si plus de 90 % des frontaliers choisissent le système français, et au sein du système français font le choix de l'assurance privée, ce n'est pas pour rien : c'est simplement celui qui rembourse bien pour les cotisations les moindres. Les gens ne sont pas stupides !

C'est ce choix, au sein de système français qui est supprimé. Les frontaliers qui avaient opté pour le système français n'auront plus le choix et devront cotiser à la sécurité sociale française.

Pour faire un parallèle automobile, c'est comme si on avait demandé aux frontaliers de choisir entre d'un côté une Audi (système suisse) et d'un autre côté (système français) une Mercedes ou une Trabant. Le plus grand nombre avait choisi la Mercedes, évidemment. Qu'arrive-t-il aujourd'hui ? On fait simplement savoir aux frontaliers qui ont une Mercedes que désormais ils devront se contenter de la Trabant. Pas même la possibilité de revenir sur une Audi.

Le pire dans tout cela, c'est que les autres français, qui jalousent ces riches frontaliers, sont heureux de les voir ainsi sanctionnés. Ces autres français ne se rendent même pas compte qu'eux-mêmes n'ont qu'une Trabant. Il serait peut-être plus judicieux pour eux de réclamer le droit d'avoir une Mercedes !