Le système d'Assurance Maladie des frontaliers est remis en cause. Pourquoi ? Parce que le gouvernement français n'a plus un rond. Il cherche désespérément des sous et sait qu'il y en a là, chez les frontaliers. Combien y en a-t-il ? Pas mal en fait ...

Quelques calculs simples. Avec 150'000 frontaliers qui touchent en moyenne 6'000 euros par mois, le revenu global estimé des frontaliers est de 10,8 milliards d'euros par an. La ponction prévue de 8% rapportera donc 860 millions d'euros par an. Du côté des dépenses, comme les assureurs privés ne sont pas des philanthropes, on peut considérer que le coût est au maximum celui des cotisations. Avec à nouveau 150'000 frontaliers et une cotisation annuelle de 2'400 euros (200 euros par mois) le coût des dépenses de santé est de 360 millions d'euros. Résultat net 860-360=500 millions. Il y a chez les frontaliers un pactole d'un demi milliard d'euros annuel !

Quel politicien, quel âne bâté passerait à côté d'un demi milliard d'euros alors que les caisses sont vides.

C'est donc pour cela qu'il est tout à fait vain de militer, de protester ou d'argumenter en face de politiciens qui savent les caisses de l'État français complètement vides et qui ne voient dans les frontaliers qu'un demi milliard d'euros à prendre. D'autant plus que les frontaliers, puisqu'ils sont riches, votent déjà tous à droite : pas d'électeur perdus.

Je dois avouer que j'ai trouvé la démarche du Groupement Transfrontalier Européen quelque peu naïve sur ce sujet. Le sujet était clos d'avance -un demi milliard d'euros- et toutes les argumentations -un demi milliard d'euros- sur la continuation des soins commencés, sur -un demi milliard d'euros- la possibilité de se faire soigner en Suisse -un demi milliard d'euros- n'auraient aucune oreille, sinon quelque aumône d'une centaine de millions la première année.

Face à ces politiciens, face au gouvernement français qui racle les fonds de tiroirs depuis de trop nombreuses années (eh oui, Sarkozy déjà), face à ces professionnels de la dépense d'argent public, la seule argumentation aurait été de leur faire passer cet argent sous leur nez. Comment ? En demandant à la Suisse de rouvrir la possibilité pour chaque frontalier d'effectuer à nouveau ce choix entre système Suisse et système français. Beaucoup de conducteurs de Mercedes seraient passés chez Audi ;-) (voir ici)

La Suisse n'avait rien à perdre à rouvrir ce choix. Les plus hauts salaires auraient effectivement choisi le système suisse, dans lequel les cotisations sont par personne, et indépendantes du salaire, laissant les salaires les plus bas salaires arbitrer en fonction de leurs situations personnelles et familiales. Le système français se serait retrouvé avec les plus faibles salaires et les familles les plus nombreuses. Les gens ne sont pas stupides, ils choisiront chacun en fonction de leur propre intérêt. Mettons que le gouvernement ne collecte plus que 200 millions d'euros de cotisations, environ un quart, alors que les dépenses se montent quand même à 200 millions, environ la moitié, le pactole disparaît. L'incitation à ponctionner les frontaliers avec.