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mercredi 18 juin 2014

L'Assurance Maladie des frontaliers - I

L'Assurance Maladie des frontaliers est remise en cause. Son organisation tout au moins. Historiquement, personne, ni de la Suisse, ni de la France ne voulait assurer ces travailleurs. Ils se sont donc tournés vers des assureurs privés qui les ont couverts contre le risque maladie.

Voilà qu'en 2002, suite à l'accord de libre circulation des personnes, les frontaliers sont face à un choix. Soit ils optent pour le système suisse de couverture maladie, soit ils optent pour le système français. Ce choix est définitif et irrévocable. Le système suisse est simple, il faut choisir une assurance maladie dans une des caisses qui la fournit. Les système français propose lui une nouvelle alternative : soit l'assurance maladie de la sécurité sociale, chère et qui rembourse peu, soit une assurance privée, avec plusieurs choix de niveaux de remboursement et de tarifs donc, mais globalement bien moins chère et qui rembourse plutôt bien.

Il y a quelques différences parmi ces assurances. Par exemple la sécurité sociale couvre toute la famille avec un unique cotisant, alors que les autres demandent une cotisation par personne. Mais globalement, si plus de 90 % des frontaliers choisissent le système français, et au sein du système français font le choix de l'assurance privée, ce n'est pas pour rien : c'est simplement celui qui rembourse bien pour les cotisations les moindres. Les gens ne sont pas stupides !

C'est ce choix, au sein de système français qui est supprimé. Les frontaliers qui avaient opté pour le système français n'auront plus le choix et devront cotiser à la sécurité sociale française.

Pour faire un parallèle automobile, c'est comme si on avait demandé aux frontaliers de choisir entre d'un côté une Audi (système suisse) et d'un autre côté (système français) une Mercedes ou une Trabant. Le plus grand nombre avait choisi la Mercedes, évidemment. Qu'arrive-t-il aujourd'hui ? On fait simplement savoir aux frontaliers qui ont une Mercedes que désormais ils devront se contenter de la Trabant. Pas même la possibilité de revenir sur une Audi.

Le pire dans tout cela, c'est que les autres français, qui jalousent ces riches frontaliers, sont heureux de les voir ainsi sanctionnés. Ces autres français ne se rendent même pas compte qu'eux-mêmes n'ont qu'une Trabant. Il serait peut-être plus judicieux pour eux de réclamer le droit d'avoir une Mercedes !

mercredi 22 février 2012

Assurance maladie privée

C'est quand même incroyable comme la plupart des gens ne savent pas ce que leur coûte leur assurance maladie.

J'ai la chance de travailler en Suisse. Les salaires sont plus intéressants que les salaires français, mais ce n'est pas tout. En tant que travailleur frontalier, il est aussi possible de choisir sa couverture maladie auprès d'un assureur privé. Et c'est bien là un autre avantage que le salaire.

Lors de toute discussion avec une personne qui aimerait bien aller travailler en Suisse, pour profiter d'un meilleur salaire, la question de l'assurance maladie intervient très vite. Il faut alors donner un ordre de grandeur de la somme qu'il faut payer chaque mois pour souscrire une telle assurance. Je donne comme chiffre environ 200 euros par mois. Et c'est là que la personne ouvre de grands yeux et trouve ce prix exorbitant. À ce prix pourtant, les prestations sont très correctes, et correspondent aux prestations en France de la sécu plus une bonne mutuelle, à 150 % du tarif conventionné (avec en plus la possibilité de se faire soigner en Suisse où les tarifs sont d'un autre ordre de grandeur soit dit en passant).

C'est quand même incroyable cette incrédulité. 200 euros, ce n'est pas grand chose pour une assurance maladie. Combien payent-ils en France ? Ils ne le savent même pas ! Le calcul est pourtant simple : pour un salaire au SMIC, entre ce que le patron débourse et ce que touche l'employé (1053 euros nets) 285 euros partent pour l'assurance maladie de la Sécurité Sociale. Oui, deux cent quatre vingt cinq euros chaque mois pour une assurance maladie qui rembourse à hauteur de 65 %, moins un euro sur la visite chez le médecin, et qui aussi rembourse royalement 2 euros 54 sur une paire de lunettes !

Mais non, même un tel argument pourtant clair et précis n'est pas pris au sérieux : "C'est pas possible." Mais c'est pourtant vrai. Et vérifiable.

Imaginez à partir de là que le SMICard ait le droit de choisir lui aussi une assurance privée. Son patron ne débourserait pas un centime de plus, et notre SMICard aurait immédiatement une augmentation de presque 100 euros ! Voilà comment redonner du pouvoir d'achat aux français ... Mais pour ça, il faudrait laisser le libre choix de l'assurance maladie, et ne plus obliger à cotiser à cette sinistre et inefficace Sécurité Sociale.

On vous a menti. Votre Sécurité Sociale que le monde entier vous envie, qui coûte très cher pour pas grand chose, eh bien je préfère vous la laisser.